Jean-Louis Debré veut « regarder » la loi reconnaissant le génocide des Arméniens

Publié le par Roubo

Jean-Louis Debré, le président de l’Assemblée nationale chargé d’une mission pour apaiser la polémique sur la colonisation, a indiqué mercredi qu’il "n’excluait rien, ni l’abrogation, ni la réécriture" de l’article de loi sur "le rôle positif de la présence française outre-mer". "Je n’exclus rien, ni l’abrogation, ni la réécriture. Je n’ai pas de préférence, j’écoute à charge et à décharge", a indiqué M. Debré sur Europe 1 répondant aux questions du journaliste Jean-Pierre Elkabbach.

Il a ajouté vouloir "faire en sorte que la correction ne soit ni l’expression d’une repentance, ni l’expression d’un reniement, mais l’expression d’une bonne et juste conception de la loi".

M. Debré a été chargé par Jacques Chirac d’une mission "pour évaluer l’action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l’Histoire" à la suite de la polémique née de l’adoption de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur les rapatriés et les harkis qui mentionne "le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du nord".

Jean-Louis Debré a exprimé sa "conviction" qu’il ne revient pas à la loi "d’écrire l’histoire". "Ce n’est pas à nous, législateurs, de donner à des événements historiques un sens", a-t-il dit.

Il a précisé en avoir parlé "à plusieurs reprises" avec le président de la République. "Je ferai en sorte de lui proposer la meilleure solution pour l’histoire de la France, pour la liberté et le Parlement", a-t-il dit, en souhaitant que ce soit "le plus vite possible".

M. Debré a ajouté qu’"après avoir réglé ce problème" de la loi du 23 février 2005, il avait "l’intention de réunir un certain nombre de parlementaires pour regarder" les autres lois, la loi Gayssot sur le racisme, la loi reconnaissant le génocide arménien, la loi Taubira sur l’esclavage.

Voici la retranscription de l’échange entre Jean-Louis Debré et Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 concernant le génocide des Arméniens

Jean-Pierre Elkabbach : "Jean-Louis Debré, le débat est lancé. Après viendront d’autres lois où les politiques ont exprimé une histoire et une mémoire officielles. Je cite : la Loi Gayssot, la loi sur le génocide arménien, d’ailleurs ont peut se demander pourquoi les députés français se mêlent de cette tragédie, la Loi Taubira... Est-ce que vous garderez ces lois en bloc ou vous allez réclamer, là-aussi, parce que vous considérez que c’est votre rôle, leur examen cas par cas ?"

Jean-Louis Debré : "Je veux d’abord régler ce problème de la loi sur la présence française outre-mer, et puis après j’ai l’intention de réunir un certain nombre de parlementaires pour regarder les autres lois, voir ce que l’on peut faire pour revenir, je le dis depuis longtemps, à la vraie conception de la loi. La loi n’est pas là pour écrire l’histoire. La loi n’est pas là pour dire comment il faut apprécier un fait historique. Dans l’histoire d’une nation, il y a des bons et des mauvais côtés, la loi est là pour permettre la liberté d’expression".

Jean-Pierre Elkabbach : "Et après on laisse les historiens se débrouiller ?"

Jean-Louis Debré : "Et après on laisse chacun se débrouiller en son âme et conscience, en fonction des travaux de l’histoire"

"Je ferai en sorte de proposer au président de la République la meilleure solution pour l’histoire de la France, pour la liberté et le Parlement", a précisé le président de l’Assemblée nationale.

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Publié dans Genocide

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