Une exposition à Beisen ( Allemagne) évoque le génocide des Arméniens

Publié le par Roubo

Une exposition se tient actuellement à Beisen en Allemagne à la Maison de l’Histoire de la Bundesrepublik, sur le thème « Fuite, expulsion, intégration ».

Sous la forme d’un parcours le spectateur visionne des documents d’époque selon le type de déplacements de populations accompagnés de discours.

Pour le concepteur de l’exposition « Il pourrait y avoir aujourd’hui un devoir de tolérance pour la mémoire et ses représentations, sans que de quelque manière que ce soit l’état de base de la communauté ait été remis en question. » Le concepteur a rencontré le réputé historien allemand Reinhart Koselleck, qui a beaucoup étudié la question de la mort violente et la signification des événements reliés, ce dernier a été prisonnier de guerre en Russie et envoyé à Auschwitz.

Sous le chapitre « Expulsion comme acte pacifique » ou « fondant la paix ». On présente des documents d’exils à travers les âges, avec comme ouverture une gravure « Réfugiés », qui montre des gens chassés de leur pays sur un chemin qui ne semble pas montrer de but.

« Que les déplacements (ou expulsions) ait aussi été considérés et prévus comme un acte pacifique était le privilège des Modernes, quand après la Première Guerre mondiale la séparation des nationalités a été tenue pour une mesure pacifique.

« Reinhard Koselleck, après avoir passé la section préliminaire avec les documents de la Première Guerre mondiale, entre autres les images bouleversantes des marches de la mort des Arméniens et la fuite des Grecs de Turquie en 1922/23, s’arrête devant une image que nous pourrions facilement prendre pour une image des atrocités des Allemands dans la guerre d’extermination vers l’Est. Il y a là des hommes lynchés à des réverbères, des arbres et des potences, avec des spectateurs - mais ces hommes sont des Allemands, qui n’ont plus aucune chance de quitter la Tchécoslovaquie. »

S’ensuit une réflexion sur l’horreur vécue par-delà les nationalités, qui fait que tout cela constitue une histoire commune et la difficulté d’accéder à certains documents en fonds privés. Qu’il y a quelque chose de fondamentalement apolitique dans la souffrance, mais que cette souffrance n’est pas représentable de façon tout à fait apolitique, ce qui amène à falsifier l’Histoire, alors que, selon Koselleck, « La vérité ne blesse jamais ».

Cette exposition se veut une réflexion sur le côté sélectif de la politique allemande sur la mémoire, et comme il est dur de porter et de raconter cette histoire, de tout raconter, de se souvenir des victimes. Même si l’on pouvait, il resterait toujours un reste, qui sera toujours pour ceux qui le nient du sable mouvant sous leurs pieds.

L’article en allemand http://www.maerkischeallgemeine.de/cms/beitrag/10611195/63369/

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Publié dans Genocide

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