Toujours pas daccord en vue sur le gaz entre la Russie et lArménie
Alors que la Russie et l’Ukraine sont parvenues à un compromis sur le prix du gaz naturel livré à l’Ukraine que le géant gazier russe veut aligner sur les tarifs mondiaux, les autorités arméniennes faisaient savoir mercredi qu’aucun accord n’avait encore été conclu entre Moscou et l’Arménie, qui va voir elle aussi s’alourdir sa facture de gaz. A partir du 1er janvier, l’Arménie, comme les autres républiques de l’ex-URSS, a été sommée de payer deux fois plus cher le gaz naturel que lui fournit la compagnie russe. Mais selon la compagnie nationale arménienne Armrosgazprom (ARG), le tarif de 56 dollars par millier de mètre cube payé par l’Arménie à Gazprom restera en vigueur jusqu’à conclusion d’un accord définitif. Chouchan Chardarian, porte-parole d’ARG, a précisé que les négociations toujours en cours, ne seraient pas en mesure d’infléchir la décision de Gazprom quant à la hausse des prix, mais portaient sur la révision des « mécanismes de paiement » pour les futures livraisons de gaz. La question devrait être inscrite à l’ordre du jour d’une nouvelle rencontre entre les présidents Poutine et Kotcharian à la fin du mois à Moscou, le président arménien ne désespérant pas d’obtenir des Russes des modalités de paiement qui ne grèveraient pas trop le budget arménien. Les demandes de l’Arménie ne sont pas encore connues avec précision, mais Erevan compte encore sur un traitement de faveur par rapport à l’Ukraine et surtout à la Géorgie, qui semblent avoir été sanctionnées par Moscou pour leur rapprochement déclaré avec l’Occident. Si l’Ukraine s’en sort avec une solution de compromis, qui lui monte sa facture gazière de 50 à 95 dollars au lieu des 230 dollars demandés par Gazprom, l’Arménie qui n’a pour sa part jamais manifesté son intention d’intégrer l’Otan, attend toujours une formule qui lui permettrait de contourner la mise en demeure de Gazprom qui chiffre désormais à 110 dollars le millier de mètres cube de gaz russe. L’attitude de la compagnie nationale russe a profondément choqué l’ensemble de la classe politique russe, pourtant généralement favorable à la Russie, certains, comme le président du Parlement Arthur Baghdassarian, allant même jusqu’à demander des compensations financières pour les bases militaires russes en Arménie. L’ironie de la situation veut que Gazprom et une autre compagnie russe détiennent 55% des parts de ARG, qui contrôle toutes le réseau gazier arménien. Une hausse des prix risque de se ressentir au niveau des consommateurs arméniens et aussi de l’activité des centrales thermiques, qui produisent le tiers de l’électricité d’Arménie, déjà considérée comme trop chère par les usagers. L’alimentation en eau du pays pourrait aussi être affectée.
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