M. Gül critique louverture dune enquête judiciaire contre Joost Lagendjik
Dans le cadre d’une interview sur la chaîne privée NTV le ministre turc des Affaires Etrangères Abdullah Gül a critiqué mercredi l’ouverture d’une enquête judiciaire pour déterminer s’il y a lieu de juger en Turquie un membre néerlandais du Parlement européen (PE) pour des propos sur l’armée et la justice turques. Joost Lagendjik, co-président du comité parlementaire conjoint turco-européen, avait fait des remarques sur la justice turque à l’occasion du procès de l’écrivain turc Orhan Pamuk, le 16 décembre.L’euro-député avait déclaré que les militaires turcs provoquaient des affrontements avec les rebelles séparatistes kurdes dans le sud-est du pays et critiqué le procès Pamuk.
Tout en déclarant ne pas vouloir s’immiscer dans les affaires de la "justice indépendante", M. Gül a dénoncé le fait que derrière les plaintes "systématiques" déposées en Turquie contre des personnalités pro-européennes et des intellectuels se trouvait une "mentalité très délibérée de provoquer le chaos".
En effet plusieurs avocats connus pour leur idées nationalistes ont déposé plainte contre M. Lagendjik.
"Ce genre de choses n’apporte rien de bon pour la Turquie" qui s’attire de nombreuses critiques à l’étranger, a souligné M. Gül.
Il n’a pas exclu que des amendements soient apportés à l’article très controversé du nouveau code pénal turc aux termes duquel M. Pamuk et d’autres intellectuels turcs sont actuellement jugés.
"L’article 301 et d’autres dispositions ne sont pas intouchables, si nécessaire les lois peuvent aussi changer", a-t-il dit.
Par ailleurs le chef de la diplomatie turque Abdullah Gül s’est dit optimiste sur l’ouverture du premier des 35 chapitres de négociations avec l’Union européenne sous la future présidence autrichienne de l’UE.
"Nous nous attendons à l’ouverture concrète des négociations dans les premiers mois de 2006" a-t-il déclaré. Selon le ministre, il devrait s’agir du chapitre sur la science et la recherche.
Le ministre s’est par ailleurs dit convaincu que l’Autriche ne bloquerait pas le rapprochement euro-turc.
"Les pays qui assurent la présidence tournante de l’UE sont toujours objectifs", vis-à-vis des pays candidats, a-t-il affirmé, soulignant que la "bonne marche de ce processus (d’intégration de la Turquie) est pour le bien de l’Autriche et de nous".
"Je ne pense pas qu’il y aura un problème", a-t-il dit.